Je passe un CAP #5 : Les épreuves professionnelles
Lorsque j’ai commencé ma formation couture avec Artesane, mon objectif était clair : me présenter au CAP. Je voulais me tester, mesurer mes compétences, tenter d’obtenir ce diplôme… et surtout me sentir légitime pour envisager une reconversion professionnelle dans la couture.
Comme je suis déjà titulaire d’un diplôme d’un niveau équivalent au CAP, j’ai été dispensée des matières générales — ouf! Il me restait donc l’essentiel à passer : les trois épreuves professionnelles, celles que je préparais depuis octobre. Je vous les présente ici :
PSE – Prévention, Santé, Environnement
Cette épreuve est commune à tous les CAP, quelle que soit la spécialité. Elle n’a rien à voir avec la couture, mais elle aborde des thèmes essentiels pour tout futur professionnel :
- la santé et la responsabilité individuelle,
- l’environnement,
- la prévention des risques en milieu professionnel,
- la consommation responsable.
Une heure d’épreuve écrite, coefficient 1, pour vérifier que chacun maîtrise les bases indispensables à la vie professionnelle.
Cette matière ne fait pas partie de la formation proposée par Artesane. Je l’ai donc révisée seule à partir d’un livre de cours et d’un fichier d’exercice. J’ai également réaliser les annales des dernières années pour ma familiariser avec les attentes de l’éducation nationale. Mon bagage médical m’a bien sûr été très utile dans cette discipline où sont abordées entre autres des notions de prévention (addiction, sommeil, maladie transmissibles, activités physiques..) et des notions de santé au travail.


EP1 – Analyse et exploitation de données esthétiques et techniques
L’EP1, c’est l’épreuve écrite qui plonge dans l’univers du vêtement avant même qu’il ne soit cousu. On y travaille à partir d’une étude de cas fictive mais réaliste, composée :
- du contexte de création du vêtement, la naissance de l’idée,
- d’une planche de tendances ou d’éléments graphiques d’inspiration
- d’un dossier technique avec le patron d’inspiration
L’épreuve couvre l’histoire de la mode, les textiles, les machines, le dessin de mode, la lecture des gammes de montage… et surtout le patronage, avec des modifications à réaliser sur le patron de base. Trois heures d’analyse, de réflexion et de dessins géométriques, coefficient 4.
Cette année il s’agissait d’un vêtement d’enfant (plus pratique pour le patronage sans doute). Nous devions donc transformer un modèle de salopette pour une version plus moderne avec création de poche, raccourcissement des jambes, création d’une parementure.


L’épreuve de dessin nous demandait de créer 3 modèles d’écussons à partir des éléments architecturaux d’un bâtiment de Lyon (octogones, quadrillages et « soleil stylisé »), le tout avec des consignes très énigmatiques… autant vous dire que cette épreuve de « dessin de mode » m’a laissé très perplexe.

EP2 – La grande épreuve pratique
Et puis il y a l’EP2, la fameuse épreuve de 16 heures, coefficient 10. Celle qui met vraiment à l’épreuve les compétences techniques, l’organisation, la précision, la patience… et la passion.
Le principe : réaliser un vêtement complet à partir d’un dossier technique et de son patron. Tout est évalué :
- la lecture du dossier,
- le découpage du patron
- la préparation du tissu
- le placement des pièces selon le plan de coupe, dans le respect du droit fil
- la qualité de la découpe, aux ciseaux car les cutters rotatifs sont interdits
- la précision du montage au millimètre près, étape par étape
- la qualité et la régularité des coutures, des surfils et des surpiqures
- la qualité des points de couture à la main
- les finitions : repassage, épluchage et contrôles
Mais ce n’est pas tout : pendant toute la durée de l’épreuve, le comportement du candidat est observé. Organisation du poste de travail, utilisation des machines, attitude dans l’atelier, capacité à partager l’espace… Une immersion totale dans les conditions d’un atelier professionnel.
2026, année du combi-short!

Le devant était composé d’une patte de boutonnage, d’un col de chemisier avec pied de col, d’une poche plaquée avec revers sur la poitrine et 2 poches dans les coutures de côté. Pour le dos, on avait un empiècement doublé en haut, un large passant fixé sur la ligne de taille permettant de retenir une ceinture amovible. Les manches courtes se terminaient par un revers, tout comme le bas.


Pour aller plus loin
Si vous envisagez de passer vous aussi votre CAP MMVF ou si vous êtes simplement curieux, les annales des années antérieures se trouvent ici. Au jour où je rédige cet article, les sujets 2026 ne sont pas encore en ligne, mais ils devraient arriver d’ici la fin de l’année je pense.




